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Dauphins du Toec : Nouvelle vague

Aux Dauphins du Toec, le club de Léon Marchand, les demandes d’adhésion ont explosé après les titres olympiques remportés cet été par le prodige toulousain. Qu’ils nourrissent de grandes ambitions ou nagent pour le plaisir, ces nouveaux Dauphins profitent sans bouder leur plaisir de l’aura de Léon.


Unes de L’Équipe, où le Léon Marchand  apparaît en majesté - © Rémi Benoit
Unes de L’Équipe, où Léon Marchand apparaît en majesté - © Rémi Benoit

Il est un peu plus de 15 heures. Ce vendredi après-midi, il y a du vent et la température ne dépasse pas les 10°C. Le ciel gris n’a pas découragé les nageurs, qui sont nombreux dans le bassin Castex. Parmi eux, beaucoup de nouveaux licenciés désireux de tester leur endurance dans la piscine du champion olympique. « Tout le monde s’est pris à rêver cet été, et les plus jeunes se sont imaginés un jour à la place de Léon », s’anime Nicolas Castel, entraîneur aux Dauphins et coach français de Léon Marchand. Frédéric, 55 ans, bonnet aux couleurs du club, multiplie des longueurs dans la piscine : « Les performances de Léon Marchand aux Jeux olympiques m’ont fait sauter le pas. J’avais déjà envisagé de m’inscrire l’année dernière. Pendant deux ans, je nageais ici le dimanche après-midi, mais ce n’était pas suffisant pour moi », souffle-t-il.


Lina, 12 ans, a elle aussi adhéré cette année. « Ça faisait un moment que je voulais quitter mon ancien club. Je suis venue ici pour progresser. J’ai dû quitter beaucoup de choses. Je ne vis plus chez mes parents, mais chez ma tatie », explique-t-elle. Si elle a choisi Les Dauphins, ce n’est pas un hasard : la collégienne rêve d’une longue carrière dans la natation.


« On a été contraints de refuser des inscriptions ». Michel Coloma, directeur général du TOEC

Au bord du bassin Castex, le coach Nicolas Castel discute avec l’un de ses nageurs. Il constate tous les jours l’intérêt croissant que suscite le club : « Certains, après avoir observé les exploits de Léon Marchand, ont voulu essayer et ont pris plaisir à nager dans le bassin chauffé à l’extérieur » confie-t-il. Il y a beaucoup de monde pour le pôle natation mais la place est limitée. On optimise pour accueillir un maximum de nageurs. Si l’on ne répond pas à cette demande, les gens vont se lasser. » Quand on pousse la porte des Dauphins du Toec, on tombe nez à nez avec une vitrine en l’honneur du champion olympique. On y retrouve les unes de L’Équipe, où le nageur apparaît en majesté. Dans les locaux, il est partout, jusque dans le bureau du directeur général, Michel Coloma. L’homme a pu mesurer l’effet Marchand sur les inscriptions au club, dont la réputation n’était déjà plus à faire et qui truste la première place de la fédération depuis 16 ans. Sur l’année 2024, en juin, on comptait 1543 adhérents.


En 2025, à la mi-saison, on en comptait déjà 1761. « On a été contraints de refuser des inscriptions. Heureusement, la mairie nous a permis d’avoir davantage de créneaux, concède Michel Coloma. On a mis plus d’entraîneurs en place. On ne voulait pas sacrifier la sécurité et l’apprentissage. »Si des projets de travaux étaient déjà dans les cartons, les JO ont accéléré les choses : « Le bâtiment extérieur sera bientôt rasé pour laisser place à un complexe plus adapté avec un bassin au dernier étage qui portera naturellement le nom de Léon Marchand. Il y aura encore plus de créneaux et de possibilités d’accueillir du monde. » Le projet concerne un bâtiment de 10 000 m² sur cinq niveaux avec piscines, espaces de bien-être et musculation, restaurant et bureaux du club. Trois bassins seront construits, incluant un petit bassin d’apprentissage, un bassin de 25 mètres et un bassin olympique de 50 mètres avec 10 lignes d’eau situé au dernier étage. L’ouverture est prévue pour 2027.


Michel Coloma / Piscine du TOEC - © Rémi Benoit


Marchand de prestige

Le parcours de Léon a clairement transformé l’ambiance au club. Le champion y est devenu une source d’inspiration pour les jeunes et les anciens. Sonia, 50 ans, fréquente le club depuis dix ans. Elle se souvient des matins où elle croisait Léon : « À 7 h 30, il arrivait avec ses amis au bord du bassin. J’avais le plaisir de le voir arriver et de pouvoir libérer la ligne à côté de lui. Quand il était là, je faisais davantage d’efforts. J’avais l’impression de mieux nager. Je savais qu’il pouvait me voir ! Aussi, quand on me demande quel sport je pratique, je réponds fièrement que je nage auxDauphins du Toec ! »


« C’est une fierté de nager dans le même club que Léon. Son succès m’inspire »Jules, nageur du TOEC

Frédéric à gauche, Jules à droite - © Rémi Benoit


Un sentiment partagé par Jules, 16 ans, qui a rejoint le club il y a deux ans pour le CAF, un tremplin vers la natation à haut niveau : « C’est une fierté de nager dans le même club que Léon. Son succès m’inspire, notamment ses coulées, qui sont impressionnantes. » Être membre des Dauphins est pour lui synonyme de prestige, et il accepte de bon cœur que ses amis le surnomment Léon Marchand. Le champion ne semble pas être inaccessible, bien au contraire. Jules l’a d’ailleurs croisé à plusieurs reprises et apprécie sa facilité d’accès : « On a pu échanger brièvement entre deux entraînements, au centre de récupération l’été dernier. C’est arrivé qu’on fasse des bains chauds ensemble. C’est quelqu’un qui ne se prend pas la tête », assure-t-il. Pour l’instant, la star mondiale de la natation profite d’un séjour en Australie. On dit qu’il pourrait bientôt repasser par la piscine des Dauphins. C’est du moins ce que nous confie Michel Coloma : « Il reviendra à Toulouse si la fédération le lui demande pour les qualifications aux championnats du monde du 11 juillet. Sinon il ira directement aux Etats-Unis. »

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